mercredi 25 avril 2012

GC Paper - Cordenons, plus jamais ça!


La FGTB Verviers et Communauté germanophone a voulu au travers de la saga Cordenons interpeller le législateur afin qu’il se penche sur un certain nombre de vides juridiques qui ont précipités, en toute légalité, la faillite d’une entreprise malmédienne dans la filière du papier, détenue par Gruppo Cordenons, un groupe italien.

Daniel Richard, Secrétaire Interprofessionnel de la FGTB Verviers : « L’actualité nous donne, hélàs, raison, en ce moment même des travailleurs occupent leur entreprise, GDB International à Strépy, parce que là aussi la stratégie du groupe semble avoir créé les conditions de la faillite ».
Concernant la faillite de Cordenons, les éléments dont disposent aujourd’hui, trois ans quasi jour pour jour après la faillite (le 23/04/2009), la FGTB Verviers et sa délégation syndicale toujours très active, se résument ainsi :

La stratégie de Gruppo Cordenons apparaît clairement a posteriori. En effet, après la rachat en Italie du groupe Favini, concurrent direct de la production malmédienne de papier, les évènements se sont enchaînés pour conduire à la liquidation de l’entreprise du site de Malmedy au profit de l’Italie. Cordenons n’a pas lui subi la faillite car cela l’aurait fragilisé, la FGTB Verviers soupçonne que c’est à Bob Roche que cette tâche a, en quelque sorte, été transférée. En effet, officiellement Cordenons a donc opté pour la liquidation de l’entreprise puis changé de stratégie et choisi, option bien plus intéressante financièrement pour le groupe, le transfert des parts de la société à un prétendu repreneur, Bob Roche au prix d’1€ symbolique.

Le repreneur, évalué au départ comme peu crédible, est tout à coup devenu le sauveur providentiel du site de Malmedy via un véritable tour de passe-passe, tout à fait légal, qui a permis, cerise sur le gâteau, à Gruppo Cordenons d’échapper au paiement d’un plan social et toutes les conséquences financières d’une liquidation.
Comme l’illustre notre portrait d’un « serial repreneur », Bob Roche est au moins un escroc, au pire, un mercenaire payé par les groupes propriétaires pour prendre à son compte la faillite des entreprises qu’il prétend sauver.

Christian Jacquemin, Président de la FGTB verviers et Communauté germanophone : « Ce qui est interpellant, c’est qu’un groupe italien ait pu, en toute impunité et légalement, en pleine liquidation d’entreprise, opérer une cession des parts de l’entreprise malmédienne pour 1 € symbolique à un repreneur canadien, Bob Roche, un « serial repreneur » dont nous avons retracé le parcours européen et qui s’est spécialisé en rachat suivi d’abandon avec faillite d’entreprises en difficulté du secteur du papier ».

La FGTB Verviers et Communauté germanophone réclame donc au législateur de revoir la procédure Renault, de ne pas permettre le transfert de part d’une entreprise à une autre sans une co-responsabilité du groupe propriétaire en cas de faillite, et surtout que la transparence soit de rigueur vis-à-vis de la délégation syndicale, seule à veiller aux intérêts des travailleurs, les seuls grands perdants avec la Sogepa qui avait investi 3 millions dans l’entreprise.
Même si les travailleurs lésés peuvent se constituer partie civile, il n’y aucune transparence au niveau de l’accès au dossier complet dont dispose le Tribunal de commerce et le curateur quand ils négocient et évaluent les dossiers des repreneurs. C’est ainsi que, sans autre information, Bob Roche présenté comme un repreneur peu crédible s’est transformé en repreneur providentiel …

Afin que cela ne puisse plus se reproduire à l’avenir, la FGTB Verviers et Communauté germanophone, lance une série d’interpellations politiques afin d’empêcher qu’il soit légal de mettre en faillite une entreprise concurrentielle et profitable. Il en va de l’avenir de l’arrondissement et plus généralement de l’industrialisation de la Wallonie, qui, dit-on, n’a que dix ans pour s’en sortir. Il est clair que le « business as usual » ne doit pas prévaloir ici mais bien une politique proactive en vue de créer les conditions d’un redéploiement économique durable dans la région.

Ci-joint, l’historique de l’entreprise et le portrait du « serial repreneur » Bob Roche.




jeudi 19 avril 2012

Carte blanche à la CGSP

D’un point de vue régional, notre CGSP a démontré, le 22 décembre dernier, son excellente capacité de mobilisation malgré des délais courts et la proximité des fêtes de fin d’année.

Je tiens ici à signaler que les centrales du privé nous ont accompagnés tout au long de la journée, dans les piquets et lors de notre marche vers le siège du PS. Je tiens, ici encore, à les en remercier.

Il est vrai que la CGSP de Verviers n’a jamais ménagé ses efforts pour manifester sa solidarité à nos Camarades de la CG, de la MWB, du SETCa ou encore du TVD, notamment au cours de leur juste combat pour un AIP digne de ce nom. La politique de la CGSP intersectorielle doit être, comme ce fut le cas par le passé, d’épauler tous les secteurs qui en manifestent le souhait et qui en ressentent le besoin. Elle doit également être un relais privilégié entre ces secteurs et la FGTB.


Mais il ne faut jamais perdre de vue le fait que toute action est d’abord l’affaire des secteurs. L’histoire nous prouve qu’aucun mot d’ordre venu du dessus de la structure n’a jamais remplacé le travail de la base syndicale.

Dès à présent, il nous faut bien prendre conscience du rôle de chacun et de chacune, de chaque délégation, de chaque responsable dès qu’il s’agira de mobiliser. A cet égard, nous sommes condamnés à la réussite de nos actions. Le patronat, certains politiques et une certaine presse se déchaînent : une grève pour rien, une grève qui coûte cher, qui prend les gens en otage, etc. Et pourtant nous savons, par expérience, que ce sont la résignation et l’inertie qui tuent. Baisser les bras maintenant équivaudrait déjà à accepter d’autres mesures d’austérité voire la remise en cause de l’index, que personne ne veut supprimer, bien sûr ! Souvenons-nous de l’indice-santé, des index « lissés »… De qui se fout-on ?

La classe ouvrière se trouve actuellement confinée dans un climat de peur. On nous fait peur via des arguments fallacieux, comme ceux visant à démontrer qu’il n’y a plus d’argent pour payer les pensions ou que la privatisation de certains fleurons comme BELGACOM ou la SNCB est inéluctable. On nous fait peur en agitant le spectre de l’Europe châtiant ses enfants, peur en évoquant les firmes de notation.

On brandit également des épouvantails grand-guignolesques comme le péril nord-coréen ou l’atome iranien. Que je sache, aucun de ces deux Etats n’a envahi le Vietnam, ni l’Irak par deux fois, ni l’Afghanistan. Aucun d’eux n’est intervenu en Libye ni dans les affaires intérieures d’un autre Etat souverain. Aucun d’eux n’a installé de colonies dans des territoires illégitimement occupés. Et, pour information, l’âge légal de la pension en Corée du Nord est de soixante ans pour les hommes, cinquante-cinq pour les femmes…

Ne nous trompons pas de cible : il y a quelques années, la Chine elle-même représentait le péril communiste par excellence. Aujourd’hui, l’ouverture par le gouvernement chinois à l’économie de marché l’exonère de toute justification par rapport au respect des droits de l’homme. La Russie, depuis la fin de l’expérience socialiste, ne fait plus l’objet de critiques non plus sur ce plan. Vous avez dit bizarre ?

Aujourd’hui, les droits des citoyens ne se mesurent plus à l’aune du progrès social : enseignement, culture, soins de santé… Ringard ! L’étalon de nos droits se limite au nombre de McDonald par mètre carré ! Même chez nous, toute contestation de la pensée unique équivaut à une marginalisation systématique. Le journal parlé de la Première du mardi 10 janvier dernier mettait ainsi sur le même pied les organisations salafites, d’extrême-droite et d’extrême-gauche en citant – bien grossièrement d’ailleurs – un rapport de la Sûreté de l’Etat.

Que tout ceci alimente notre réflexion, renforce notre conscience de classe et nous fasse découvrir – ou redécouvrir – les vraies valeurs de la gauche, celle de Jean JAURES, dénonçant les guerres impérialistes, de Karl MARX mettant en exergue le rôle historique de la classe ouvrière, des Communards parisiens, de LENINE et des premiers Conseils ouvriers, de Rosa Luxembourg et de la république de Weimar, de Pierre FLUCHE, symbole de 250 ans de résistance verviétoise… Préparons-nous à un combat long, difficile mais juste. L’enjeu est de taille, notre détermination devra être à la hauteur.

La peur doit changer de camp !
Michel Bordignon

lundi 16 avril 2012

Les Plenesses: 99% des bénéfices dans la poche des actionnaires en 2010

Benjamin Fabry, comptable à la FGTB Verviers a réalisé une analyse financière de 30 entreprises du Zoning industriel Les Plenesses, une suite au travail entamé en 2011 et qui portait lui seulement sur les 15 gazelles verviétoises choisies par Trends-Tendances. Les métallos de la FGTB Verviers ont prévu une action dans le cadre de la campgne des élections sociales sur le zoning le 20 avril 2012. Cliquer sur la publicaiton ci-dessous pour la lire confortablement.

mardi 10 avril 2012

7 avril 2012 Soirée de lancement à J-30

Samedi soir, la FGTB de Verviers & Communauté germanophone organisait à la salle Luc Hommel, mise à disposition par le Centre culturel de Dison, sa soirée de lancement des élections sociales à « J -30 ». Les élections sociales s’organisent effectivement dans les entreprises de 50 travailleurs entre le 7 et le 20 mai, les résultats étant normalement connus deux jours après le vote. L’objectif de la soirée était surtout de faire se rencontrer des candidats délégués syndicaux dans une ambiance conviviale pour forger des liens de solidarité pour les combats à venir. 


Pour rappel, la FGTB de Verviers et Communauté germanophone compte près de 35.000 affiliés et son organisme de paiement des allocations de chômage versées par l’ONEM (OP) gère 44% des chômeurs de la région, ce qui en fait le premier OP devant, en ordre d’importance, la CSC, la Capac et la CGSLB.

Daniel RICHARD, le Secrétaire régional Interprofessionnel de la FGTB Verviers & Communauté germanophone, souligne les vrais enjeux derrière ces élections sociales:
Daniel Richard«Cette année, nous présentons plus de candidats qu’aux dernières élections sociales de 2008, alors que le nombre total de mandats à pourvoir a diminué. C’est pour nous le baromètre interne le plus important car il est signe de la vitalité de notre régionale, par l’engagement de nouveaux militants pour défendre nos valeurs et notre projet. Ce qui fait la force d’une organisation syndicale, c’est sa capacité de mobilisation. Pour moi, si la FGTB Verviers attire de nouveaux candidats, c’est à mettre directement en lien avec certains discours patronaux outranciers qui comparent les syndicalistes à des terroristes. C’est très inquiétant car ils ne savent visiblement pas ce que c’est qu’un terroriste. Et suite à l’affaire Meister, où une milice privée allemande a violé les lois belges pour voler les travailleur et leur outil, on a vu les patrons faire une analogie entre terrorisme et syndicalisme. C’est évidemment complètement faux, nous passons 98% de notre temps en négociations sociales dans les différentes instances et en entreprises. Et cela continue à susciter des vocations, certains travailleurs sont de plus en plus convaincus de l’importance de défendre leurs collègues dans ce contexte-ci.»
En comparant les résultats des élections sociales de 2008 à ceux d’aujourd’hui, on compare en réalité des pommes et des poires car, dans l’intervalle, la situation économique de la région verviétoise a changé, des entreprises ont fermé, se sont restructurées sous le seuil légal des élections, voire ont augmenté leur nombre de travailleurs et déposent des listes pour la première fois (Cordenons, Aspen, ou Interglas ont disparu, mais aussi Carrefour repris par Match par exemple).

Daniel RICHARD rappelle que tous les affiliés de la FGTB ne voteront pas aux élections sociales :
«L’instrument des élections sociales est  fragile et très approximatif. D’abord parce que le suffrage social n’est ni obligatoire ni universel, loin de là. Moins de la moitié des travailleurs de notre régionale auront le droit de voter. En effet, l’élection n’est organisée que dans les entreprises de plus de 50 travailleurs (et encore !). Il n’a pas cours dans la plupart des services publics. Cette réalité fausse les conclusions tirées des résultats. Dans l’enseignement ou les soins de santé, dans le secteur non-marchand en général, on vote dans le « libre » alors que la représentation des travailleurs est organisée différemment dans le secteur public. Si la FGTB progresse aussi dans le secteur privé catholique, elle ne domine pas le paysage syndical. La représentation de l’ensemble du secteur, au départ des scores de l’élection sociale, fausse donc l’image globale parce qu’elle ne tient pas compte du poids de la CGSP dans le secteur public.»  La FGTB plaide d’ailleurs pour une plus grande démocratie sociale dans les PME, notamment dès qu’elles comptent au moins 15 travailleurs.

Pour un redéploiement économique créateur d’emploi

Christian JACQUEMIN, Président de la FGTB Verviers & Communauté germanophone, précise que 900 candidats FGTB sont présents sur les listes, alors que le nombre de mandats disponibles a diminué respectivement de 16% en CPPT et 22% en CE par rapport à 2008.

«Contrairement aux idées reçues, il y a encore de la richesse produite dans les entreprises qui, malheureusement, ne correspond pas à de la création d’emploi. A Verviers, il n’y a aucune structure voire dynamique politique et patronale visant à développer le potentiel économique de notre région. Nous, à la FGTB, ne nous contentons pas de le dénoncer, nous avons décidé de mettre toute notre énergie pour développer ce lieu de rencontres et de création de synergies sur notre arrondissement, on ne pourra pas dire que la FGTB ne soutient pas la création d’activités porteuses d’emploi dans la région.»

Invité à la tribune, Thierry BODSON, le Secrétaire de la FGTB Wallonne, rappelle l’impact des décisions fédérales sur le tissu économique local:

Bodson-Jacquemin-Richard
Thierry Bodson, Christian Jacquemin, Daniel Richard
«Pas plus tard que la semaine dernière, dans le cadre des premières discussions que nous avons avec les patrons au CNT, dans le cadre de la liaison des allocations sociales au bien-être, les patrons ont claqué la porte de la discussion au bout d’une heure parce que nous demandions simplement qu’on augmente de 2% les allocations forfaitaires de chômage et les pensions minimales dès le 1er janvier 2013 afin d’atténuer le choc des décisions prises par le gouvernement en matière d’austérité. Rappelons que c’est pour faire plaisir aux libéraux et ainsi constituer un gouvernement que nous allons connaître 20.000 exclusions de jeunes du chômage en 2015. Alors que la majorité d’entre eux sont des travailleurs à temps partiel et bas salaires. Les patrons refusent aussi d’augmenter le salaire minimum garanti. C’est dans ce contexte que le patron de Beckaert, la plus grande entreprise en Flandre, licencie 600 travailleurs tout en s’octroyant une augmentation de salaire de 33%. Et à côté de cela, on a un patronat arrogant qui s’attaque à l’indexation des salaires, ce qui est inacceptable pour nous ». (Discours intégral en ligne)

Portrait croisé d’un délégué expérimenté et d’un nouveau candidat

JFGodard
Jean-François Godard, candidat
Jean-François GODARD a 26 ans et travaille depuis six ans chez 3BFibreglass, groupe indien, à Battice, qui emploie 450 travailleurs : 

«Pour moi, devenir délégué syndical, c’est assez naturel car mon papa est délégué syndical et je travaille dans une équipe composée de nombreux délégués syndicaux. Ce qui me motive, c’est de me battre contre l’individualisme, surtout parmi les jeunes, essayer de les motiver à un combat collectif.»


Roland Thissen
Roland Thissen, délégué syndical
Roland THISSEN travaille pour SCA Stembert, groupe suédois qui emploie 400 travailleurs en région verviétoise. Il est délégué syndical FGTB depuis 1991: «Avec les nouvelles mesures inspirées par l’Europe, on essaye de diviser la classe ouvrière et notre rôle de délégué est justement d’être le ciment des ouvriers et comme le dit notre slogan, ensemble on est plus forts. Cela a fort changé au cours des années, maintenant, on doit même se battre pour le minimum. Il y a 15 ans d’ici, on se trouvait face à un patron d’entreprise qui acceptait de négocier et on arrivait à obtenir 5-6% d’augmentation. Aujourd’hui, le gouvernement et le patronat imposent un carcan au-delà duquel on ne peut pas négocier, comme le 0,3% qui nous met des menottes pour négocier dans les entreprises où on pourrait obtenir plus.C’est comme ça depuis la loi sur la compétitivité des entreprises, qui impose la modération salariale mais aucune modération des profits des actionnaires. C’est une nouvelle culture patronale qui s’est développée. C’est le monde à l’envers, aujourd’hui, les patrons arrivent à la table des négociations avec leur liste de revendications.
Quand on voit ce qu’il se passe en Grèce, avec la mort, cette semaine, d’un pensionné, c’est effrayant et cela démoralise les travailleurs. Notre rôle est surtout d’informer le travailleur parce que les médias désinforment et font peur aux travailleurs, leur disent qu’il ne faut pas se battre parce que tout va mal. C’est justement là que le rôle du délégué syndical est essentiel: il doit d’abord informer correctement sur la situation de l’entreprise mais pas seulement, sur le contexte général aussi. Il faut sans arrêt remettre les pendules à l’heure et dire : non, ce n’est pas la crise pour tout le monde. Non, tout ne va pas mal, il n’y a jamais eu autant de riches qu’aujourd’hui, des entreprises font des profits et même des voyoux milliardaires, comme le patron d’ArcelorMittal, ferment des entreprises alors que la sidérurgie est encore une industrie profitable.

On est dans un monde capitaliste où les patrons veulent diviser les travailleurs et notre rôle, c’est justement de les rassembler et d’empêcher que l’individualisme gagne du terrain pour que la solidarité triomphe.»

La lutte des classes

Jean Jaurès: (…) le système de la propriété privée des moyens de production, divise les hommes en deux catégories, divise les intérêts en deux vastes groupes, nécessairement et violemment opposés. Il y a, d’un côté, ceux qui détiennent les moyens de production et qui peuvent ainsi faire la loi aux autres (…)Entre les deux classes, entre les deux groupes d’intérêts, c’est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire et du capitaliste qui veut le réduire ; du salarié qui veut affirmer sa liberté et du capitalisme qui veut le tenir dans la dépendance. (…)
… il faut que les salariés espèrent (…) l’avènement d’un ordre nouveau dans lequel la propriété cessant d’être monopoleuse, cessant d’être particulière et privée, deviendra sociale, afin que tous les producteurs associés participent à la fois à la direction du travail et au fruit du travail. (…)
La lutte des classes a commencé le jour où, (…) le prolétariat a appris que c’était seulement dans sa force à lui, dans son organisation, qu’il portait l’espérance du salut. C’est ainsi que le principe de la lutte des classes, qui suppose d’abord la division de la société en deux grandes catégories contraires, les possédants et les non-possédants ; qui suppose ensuite que les prolétaires ont pris conscience de la société de demain et de l’expérience collectiviste, c’est ainsi que la lutte des classes s’est complétée par la conviction acquise par le prolétariat qu’il devait s’émanciper lui-même et pouvait seul s’émanciper. (…)
Oui, le principe de lutte de classes vous oblige à faire sentir aux prolétaires leur dépendance dans la société d’aujourd’hui. Oui, il vous oblige à leur expliquer l’ordre nouveau de la propriété collectiviste. Oui, il vous oblige à vous organiser en syndicats ouvriers, à multiplier les organismes de classes. 

Voilà un extrait du discours de Jean Jaurès, le 26 novembre 1900 à Lille (Les deux méthodes). Et depuis 112 ans, qu’est-ce qui a changé ?

Une grande crise a favorisé la montée du fascisme en Europe et dans le monde et a précipité celui-ci dans la guerre. A la sortie de celle-ci, l’appel des résistants a permis de créer une société solidaire, égalitaire et fraternelle. Certains pays ont vu la naissance d’un système de solidarité, sous la forme de la sécurité sociale, et celle de services publics adaptés aux besoins des citoyens.

Depuis le crash pétrolier (1973), les politiques menées nous rappellent les tristes années d’avant-guerre. Bien sûr, on ne parle plus de classe d’exploitants et d’exploités, seuls les mots changent :

  • -        3 sauts d’index
  • -        le plan global
  • -        la loi de 1996 sur la compétitivité
  • -        la révision de la formule de l’index (panier de la ménagère, index lissé)
  • -        le pacte anti-génération

et l’ingérence de l’état dans les relations sociales


  • -        mesures d’austérité (pension et prépension, chômage, soins de santé, crédit-temps …)
  • -        chasse aux chômeurs (pression sur les travailleurs et leurs conditions de travail).
  • -        Rejet du fait syndical

Et pas ou peu de mesures envers le patronat (nouveau terme pour « exploitants »)

  • -        fraude fiscale
  • -        intérêts notionnels
  • -        réduction des charges
  • -        Recherche et Développement, investissements inexistants
Il y a une volonté de privatiser nos pensions, nos soins de santé, l’ensemble de notre couverture sociale. Pourquoi ? Pour en tirer profit au bénéfice des actionnaires et au détriment des personnes.
Il est vrai que la libéralisation du gaz et de l’électricité nous a apporté un plus ; celui d’être la vache à lait de grands groupes.

Camarades, Jaurès nous disait que les travailleurs, dans leur prise de conscience du système, dans leur force de s’organiser en groupe, en syndicat, en coopérative, en organisme de classes, trouveraient les moyens d’améliorer leurs conditions de vie.

Notre tâche est énorme : rendre une conscience sociale aux travailleurs, les convaincre même si la droite détient les médias, les finances et stigmatisent certains.

Le dernier média de gauche, c’est le délégué FGTB. Le délégué qui au travers de son implication, transmet nos valeurs de solidarité et notre volonté de transformer cette société en une société plus juste et plus équitable.

Camarades, nous gagnerons ces élections parce que nous sommes les seuls à vouloir et à pouvoir se dresser contre ces injustices. Nous gagnerons ces élections parce que notre combat est juste et respectable, parce que nous ne laissons personne au bord du chemin.

Fraternellement

Stéphane BREDA
Secrétaire Régional FGTB METAL
Verviers et Communauté Germanophone

mardi 27 mars 2012

Aux urnes, camarades !



Voici revenu le temps des élections. Des élections sociales comme expression concrète d’une démocratie économique et sociale ! Imparfaite et inachevée certes, mais nécessaire.
Elles vont d’abord et avant tout « sanctionner » le travail de délégués sur le terrain des entreprises. Des femmes et des hommes qui ont pris le risque et la responsabilité de prendre la parole au nom de leurs camarades. Avant toutes choses, il s’agit de saluer cet engagement qui coûte souvent en temps pris sur la vie de famille, en énergie et parfois en possibilité d’avancement et de carrière. Là où il se déroule le scrutin mesurera l’adhésion de ceux qui iront voter à la manière dont ils auront été défendus. C’est en fonction des résultats dans chaque entreprise que le vote des travailleurs mérite d’être analysé. Nous le ferons, dans les ateliers, les bureaux et nos sections professionnelles. Ce n’est pourtant pas ce qui fera l’actualité des médias.
Pour les gazettes et les rédactions, les élections sociales sont un thermomètre de la représentativité des organisations syndicales. D’autres instruments existent : le nombre d’affiliés, le nombre de « dossiers chômage » traités, la capacité de mobilisation… Ils sont beaucoup moins populaires. En ces matières pourtant, nous faisons la course en tête !
L’instrument  des élections sociales est  fragile et très approximatif. D’abord parce que le suffrage social n’est ni obligatoire ni universel, loin de là. Moins de la moitié des travailleurs de notre régionale auront le droit de voter. En effet, l’élection n’est organisée que dans les entreprises de plus de 50 travailleurs (et encore !). Il n’a pas cours dans la plupart des services publics. Cette réalité fausse les conclusions tirées des résultats. Dans l’enseignement ou les soins de santé, dans le secteur non-marchand en général, on vote dans le « libre » alors que la représentation des travailleurs est organisée différemment dans le secteur public. Si la FGTB progresse aussi dans le secteur privé catholique, elle ne domine pas le paysage syndical. La représentation de l’ensemble du secteur, au départ des scores du l’élection sociale fausse donc l’image globale parce qu’elle ne tient pas compte du poids de la CGSP dans le secteur public. Par ailleurs, la lecture des résultats se fonde sur une comparaison avec les élections précédentes… alors que le paysage économique change énormément en quatre années. Cette fois, la crise financière est passée par là.  Certaines entreprises ont disparu. La FGTB se présentent dans d’autres d’où elle était absente. Fin mai, au moment de tirer les enseignements du scrutin, il y a fort à parier que toutes les organisations syndicales trouveront des motifs de satisfactions parce qu’on comparera des réalités pas toujours comparables, objectivement. Ce qui est objectif, par contre, c’est que le nombre de nos candidats sera plus élevé qu’il y a quatre ans. C’est une bonne nouvelle. Les vocations continuent de naître !
L’addition des résultats dans les entreprises concernées sera l’occasion d’une bataille d’image autour de variations globales très limitées… C’est une loi du genre.
Le plus important est sans doute ailleurs. Dans l’engagement de nouveaux militants, cela a été souligné.
Peut-être est-il surtout dans la capacité qu’auront eu nos équipes à mettre à profit la campagne électorale pour propager les valeurs de la FGTB, celles qui font la différence avec ses « concurrents ». Pour populariser aussi nos alternatives. Pour s’expliquer sur la vision que nous partageons de la société et sur la nécessité de la transformer radicalement. Voter pour des candidats d’une liste plutôt que pour ceux d’une autre est aussi un choix politique, au sens noble du terme. C’est adhérer à un projet. Le nôtre est, tout entier, contenu dans une « déclaration de principes » que nous portons, le poing levé, comme notre couleur rouge : haut et fiers !

Daniel Richard
Secrétaire régional interprofessionnel 

dimanche 18 mars 2012

Quand tu sais d'où tu viens, tu sais où tu vas...

Vidéo réalisé par la Centrale Jeunes FGTB de Verviers et communauté germanophone à l'occasion des élections sociales. A voir et à partager....

Naissance du syndicalisme?

Le syndicalisme ouvrier est né de la transformation de la société imposée par la révolution industrielle au début du 19ème siècle. 

A l’époque, les nouvelles technologies (maîtrise de la vapeur) permettent la constitution d’une industrie d’une ampleur jamais approchée jusque-là.  La production des biens nécessite une main-d’œuvre importante.  C’est à cette époque qu’apparaissent les premières grandes usines engageant un très grand nombre d’ouvriers.  Les conditions de travail et de salaire étaient très mauvaises et fixées unilatéralement par le patron.

Face à cette exploitation, les travailleurs vont rapidement s’organiser car c’est ensemble qu’ils sont plus forts et qu’ils peuvent contraindre les patrons à améliorer les conditions de salaire, de travail et de sécurité.

C’est l’apparition des premiers syndicats, d’abord organisés au sein d’entreprises ensuite organisés au sein des secteurs professionnels.

Au fil du temps et des combats, le syndicat va améliorer son organisation.  Une coordination de plus en plus poussée existera entre les différents syndicats professionnels (les Centrales Professionnelles).

En 1898 est créée la commission syndicale qui regroupe l’ensemble des syndicats de philosophie socialiste dans la même organisation. 

D'où vient la FGTB?

En 1945, c’est la création de la FGTB, fédération regroupant les Centrales Professionnelles dans une organisation unique et interprofessionnelle.

Depuis lors, les combats ont été menés, soit dans le cadre de la Centrale Professionnelle lorsqu’il s’agit de conflits dans un seul secteur, soit dans le cadre interprofessionnel lorsqu’il s’agit d’un combat concernant les travailleurs de tous les secteurs.

Déclaration de principe




1. Emanation directe des forces laborieuses organisées, la FGTB proclame que
l’idéal syndicaliste, visant à la constitution d’une société sans classes et à la disparition du salariat, s’accomplira par une transformation totale de la société.

2. Née de la lutte des classes, elle tient à souligner l’évolution de celle-ci en une
lutte non moins vigoureuse de l’ensemble des producteurs contre une oligarchie
bancaire et monopoliste, devenue maîtresse souveraine de tout l’appareil
de production.

3. Dans un esprit d’indépendance absolue vis-à-vis des partis politiques et respectueuse de toutes les opinions, tant politiques que philosophiques, elle affirme vouloir réaliser ses buts par ses propres moyens et en faisant appel à l’action de tous les salariés et appointés en particulier et de toute la population en général, les intérêts tant moraux que matériels de la très grande majorité de celle-ci étant identiques ou parallèles à ceux des ouvriers, employés et techniciens.

4. Le mouvement syndical acceptera le concours du ou des partis qui joindront
leur action à la sienne pour la réalisation de ses objectifs sans se considérer
obligé à leur égard et sans qu’ils puissent s’immiscer dans la conduite
de l’action syndicale.

5. Le mouvement syndical veut réaliser un véritable régime de justice sociale
visant à situer chacun à sa place dans la société. Pour assurer à chacun, en
fonction de son travail et de ses besoins, la part de richesses qui lui revient, il
déclare qu’il est indispensable de compléter la démocratie politique par une
démocratie économique et sociale.

A cet effet, il entend que le travail, créateur de toutes les valeurs et source de
tous les biens, soit enfin considéré comme facteur primordial, les autres facteurs n’étant que subordonnés ou parasites.


6. Ses origines, son caractère et les permanences de son idéal, le désignent pour être l’élément moteur principal de cette révolution constructive.

7. Dans un esprit de justice, il répudie formellement les fausses valeurs, comme
les droits de naissance et d’argent, consacrées par le régime capitaliste.
De l’exploité, réduit à vendre sa force de travail, il veut faire un libre participant
à l’œuvre commune de production.

8. Il s’attachera dès lors, selon ses conceptions à amener la création d’organismes dont le but final doit être de donner aux forces de travail la gestion de l’économie transformée au bénéfice de la collectivité.

9. Le syndicalisme n’entend pas supplanter les partis dans leur action politique.
C’est en leur qualité de producteur qu’il fait appel aux travailleurs, car
c’est de leur condition économique que dépendront leurs perspectives de
développement social, intellectuel et culturel.

10. Pour mener à bien cette tâche émancipatrice, il ne doit avoir à subir aucune
contrainte, c’est pourquoi il se refuse à son intégration à quelque degré que
ce soit, dans un quelconque système corporatif.

11. Le syndicalisme accepte l’idée de nation et, dans le cadre d’une démocratie
politique, économique et sociale, il prendra ses responsabilités, en vue du
maintien et du renforcement de la démocratie.

12. Il estime que la socialisation des grands trusts bancaires et industriels s’impose et qu’il convient également d’organiser, diriger et contrôler le commerce
extérieur.

13. Rejetant l’idée de la gestion étatique ou bureaucratique, il entend que la gestion des entreprises nationalisées soit confiée aux travailleurs (techniciens,
employés et ouvriers) et aux consommateurs, préalablement organisés au
sein de Conseils de direction et de coordination de l’économie nationale.

14. Le mouvement syndical belge poursuivra la réalisation de ses buts et objectifs en collaboration avec les organismes syndicaux internationaux se réclamant de la démocratie.
15. Afin de libérer le travailleur de la crainte sociale et de lui donner la garantie qu’en échange de son labeur, il sera prémuni contre les fléaux et les maux résultant de sa condition, le mouvement syndical défend non seulement les
réformes de structure et la transformation de la société capitaliste mais aussi
les revendications immédiates des travailleurs.


Conscient de la grandeur de sa mission humanitaire, le syndicalisme se
déclare apte à mener à bien ces tâches multiples, car il forme par le bloc indivisible des forces du travail, l’un des éléments de base de la société de
demain.